Haro sur la neige de culture

Publié le par bassia

Bonsoir,
Depuis quelques semaines, j'entends, je lis, je vois monter un fort lobbying pour banaliser la neige de culture dans les Pyrénées, après une saison 2006/2007 désastreuse.
La neige de culture serait LA SOLUTION aux problèmes financiers que rencontrent les stations de ski Pyrénéennes.
Mon idée n'est pas de dénoncer ici un maire, un gestionnaire de domaine ou d'autres.
Non.
Mais les faits sont là :
La neige de culture a mauvaise presse auprès du grand public  mais les décideurs sont convaincus que c'est la meilleure issue.
Alors une petite campagne de comm. pour corriger le tir, et hop je trouve les fonds publics, je terrasse, je retiens l'eau, j'enterre des kilomètres de tuyau et quelques kilowatts plus tard, ma station est sauvée

Je ne m'aventure pas sur le terrain des problèmes soulevés par la gestion de l'eau qu'impose l'enneigement artificiel.
Ni sur celui de l'énergie consommé.
Ni sur celui du bilan économique sur la base d'un "dépenser plus, pour gagner plus"

Mais uniquement  sur celui de l'interêt pour le skieur-consommateur (sans parler du prix) ?
Qui trouve du plaisir à skier sur un ruban  "béton" ?
Le débutant. Ok, mais celui là pourrait très bien pratiquer dans une salle ad'hoc.
Le jeune branché. Ok, mais il pourrait lui aussi  pratiquer dans une salle (pour glisser sur une barre, faire un 3.6 sur une bosse aujourd'hui et tout autre chose demain, en fonction de la tendance du moment)
Le skieur experimenté : Ok, c'est tres agréable de faire un Run sur une piste super-préparée, une fois, deux fois. Puis vous prenez peur au presque accident avec le 20000 ième skieur présent sur le domaine. Et de toute façon, c'est vite ennuyeux

Alors pourquoi passer au bulldozer des hectares d'alpages ?

Pour trouver, quand la neige est de retour, une pente uniforme, monotone, moche.
Qui n'a pas de souvenir d'une descente au fond d'une combe, ou sous des sapins et pas au 250 ième mètre de la piste rouge à 23°5, même après une belle  godille.
Quand l'escalade "à main nue" a connu son boom, les ouvreurs de voies ont choisi de 
ne pas pas ajouter des prises artificielles sur des parcours naturels pour ne pas altérer irrémédiablement les lieux et pour offrir de nouvelles limites techniques aux sportifs quelque soit les modes de pratique.
La même éthique devrait s'imposer sur les domaines de ski.

Bon allez, j'arrête ma bafouille, pour ce soir !

Publié dans ski

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article